OZANGÉ | 1ère Biennale Photographie Africaine

Du 4 novembre 2022 au 29 janvier 2023

La Térmica présente la première édition de la Biennale de Photographie Africaine en Espagne, OZANGÉ, un pari culturel conçu comme un espace d’exposition des travaux de photographes actuels africains, en mettant l’accent notamment sur la création féminine, mais également comme un lieu d’échanges, de rencontres et de d’opportunités entre continents.

La première édition de OZANGÉ, dirigée par l’artiste visuelle d’origine gabonaise Owanto, sera présentée dans différents sites de la ville de Malaga du 4 novembre 2022 au 29 janvier 2023 avant de partir en itinérance en Espagne, Côte d’Ivoire et au Maroc.

Suivant les traces des grands festivals de photographie en Afrique qui ont fait la renommée internationale de nombreux artistes, la biennale prétend non seulement être un lieu d’exposition avec la présentation d’une sélection de travaux de photographes actuels originaire du continent ou de la diaspora, mais elle est également pensée comme un nouvel espace pour cette nouvelle génération de photographes qui entrent sur le marché de l’art européen.

La Térmica et la Diputación de Málaga organisent cet évènement, en collaboration avec le Círculo de Bellas Artes de Madrid, la Mairie, l’Université, la Fondation Maroc Premium, le Musée des cultures contemporaines Adama Toungara à Abidjan et l’Ambassade d’Espagne en Côte d’Ivoire, en tant qu’institutions co-organisatrices.

OZANGÉ: Lumière

Par temps clair, il est possible de voir la côte nord-africaine depuis le littoral malaguène, une vue qui ressemble à une vision révolutionnaire. Les horizons, chacun depuis sa rive, nous rappellent qu’au-delà de ces 14 kilomètres d’eaux apparemment calmes, nous pouvons nous voir les uns les autres.

Actuellement, les plaques africaine et eurasienne sont dans un état constant de rapprochement. Gardant cela à l’esprit, il est facile d’imaginer le processus inverse : une lente fracture qui a commencé il y a environ 225 millions d’années et qui a fait de la Pangée, un seul territoire entouré d’un seul océan, les fragments que sont aujourd’hui nos continents.

Depuis cet événement progressif au cours duquel tremblements de terre, tsunamis et volcans ont façonné de nouveaux paysages, climats, frontières physiques et lieux de vie, beaucoup de choses se sont passées pour l’humanité. Alors que nous vivons au temps des humains, la terre continue de changer à son rythme, l’Afrique et l’Europe se rapprochent lentement et formidablement.

De nouvelles frontières ont été sans cesse redéfinies au cours de notre ancienne union géologique, un processus controversé qui, jusqu’à ce jour, a remis notre lien en question. Les frontières ont évolué en complexité et, en même temps, dans l’espace virtuel dans lequel nous vivons tous, nous assistons à la création de nouvelles façons de traverser, de se rencontrer, de s’appréhender.

Ce nouveau pont est construit avec des questions nomades qui se croisent, portées par le voyage lui-même. En tant qu’humanité et en tant qu’artistes nous sommes en constante recherche de sens et nous nous interrogeons sur comment éclairer ce trajet, comment le rendre plus tangible pour qu’il puisse être parcouru avec conviction, sans peur et avec curiosité pour l’inconnu.

Section officielle, hommages et rétrospective

Si la musique, la danse, la littérature, le théâtre, le cinéma et les arts plastiques africains sont depuis longtemps reconnus, ce n’est qu’à partir de 1993, que l’Occident a véritablement découvert la photographie africaine, grâce à la consécration internationale du Malien Seydou Keïta. Pourtant, la photographie avait été introduite sur le continent par les colons et les missionnaires peu après son invention en Europe. Mais la diffusion sur le vieux continent promulguait une image de l’Afrique souvent faite de clichés, soumise aux désirs d’exotisme.

Aujourd’hui la photographie africaine est en pleine ébullition, et ce depuis bientôt dix ans. Nombreux sont les photographes qui s’organisent en collectif afin de professionnaliser davantage leur pratique et s’ouvrir progressivement aux institutions. La biennale vise alors à rassembler les travaux réalisés par des photographes actuels d’origine africaine et cherche en parallèle à examiner la façon dont les photographes africains d’aujourd’hui créent des œuvres en opposition à l’héritage de l’imagerie coloniale qui a trop souvent déterminé la perception de l’Afrique en Occident.

C’est l’Afrique aujourd’hui qui se présente, qui se voit, qui se raconte, qui est actrice et non plus sujet du regard occidental. Or, se mettre en scène, se raconter, se présenter, c’est se définir. Ce processus de constante redéfinition de l’identité contemporaine africaine est ce qui rend la photographie du continent si passionnante.

Enfin, dans le but de contrer l’histoire de l’art qui a trop souvent éclipsé les contributions des femmes et favorisé leur invisibilité au profit des figures masculines, la biennale s’engage à mettre en exergue le travail de femmes photographes pour nourrir cette histoire de la photographie d’autres récits.

De même, la Biennale s’engage dans la section hommage et rétrospective, qui recueille le témoignage des festivals de photographie ayant montré la diversité, l’excellence et la singularité de cet art créatif sur le continent africain depuis le début des années 1990. En étroite collaboration avec le directeur du LagosPhoto Festival, Azu Nwagbogu, la Biennale exposera une sélection des images les plus emblématiques présentées tout au long de l’histoire de cet événement.

Owanto – directrice artistique

La volonté de laisser la place à la lumière est ce qui a motivé la création d’OZANGÉ. Une lumière qui n’aveugle pas, mais dirige notre attention à la fois sur ce qui a été éclairé et sur les ombres et les nuances générées par chacune de nos vues partielles.

C’est pour cette raison que j’ai accepté l’honneur de faire partie de la première édition où l’Europe du Sud, Malaga, devient ce pont, ce point de rencontre éclairé par une multiplicité de perspectives qui posent les questions que nous devrions observer ensemble.

La photographie a toujours été un médium puissant. Actuellement, c’est aussi un outil facilement accessible pour rendre compte non seulement de l’état des affaires internationales, mais aussi des perspectives nombreuses et diverses qui existent à leur sujet.

En tant qu’artiste et commissaire, je suis extrêmement reconnaissante pour toute l’aide et les conseils que mes collègues artistes, conservateurs et amis de la communauté créative m’ont apportée. Ma gratitude va aussi à mes ancêtres, puisque c’est ma langue maternelle qui prête ses beaux mots Ikasa Omyènè au titre de cette Biennale.

Mon plus grand souhait est que nous soyons enthousiastes à l’idée de célébrer notre unité et embrasser le positif, ensemble.

Owanto

Agenda

La première biennale de photographie africaine contemporaine en Espagne, OZANGE, sera présentée du 4 novembre 2022 au 29 janvier 2023 à Malaga. Elle partira ensuite en itinérance en Espagne, puis en Afrique à Abidjan et Essaouira, entre 2023 et 2024.

En parallèle de l’exposition, des manifestations culturelles associées seront organisées telles que des cycles de conférences, ateliers, concours de photographie et évènements dont la programmation est en cours d’élaboration.

 

Lieux d´exposition dans Málaga

 

L’exposition sera présentée au sein de quatre lieux répartis dans la ville de Malaga:

Centro Cultural La Malagueta, Paseo Reding, 8
La Térmica, Avenida de los Guindos, 48
Contenedor Cultural Universidad de Málaga, Bulevar Louis Pasteur, 23
Calle Alameda Principal, Málaga

Itinerance confirmée

La Biennale débutera son itinérance, de 2023 à 2024, au Círculo de Bellas Artes à Madrid, au Musée des cultures contemporaines Adama Toungara à Abidjan (Côte d’Ivoire) et grâce à la Fondation Maroc Premium, elle ira à Essaouira (Maroc).